Résistance surhumaine

Ça s’est passé assez simplement. C’est ma Grenouille préférée qui, me voyant patauger dans la semoule des sites de rencontres et de leurs énergumènes vaseux, m’avait prise en pitié, et m’avait sorti something like :

Allez viens donc par là, Greluchette, je t’emmène dans une soirée avec des gens, y’aura de l’alcool, de la musique, et moi.

Et, alors que j’allais faire celle qui hésite :

Bon, et du mâle, si tu veux, on sait jamais.

(il sait à quel point je suis une sale bestiole quand je décortique un type avec les yeux.)

J’y suis donc allée, et en bonne Greluche que je suis, influencée de surcroit par la lose légendaire de l’ami batracien, ce fut avec une éruption cutanée passagère trois malheureux boutons sur la figure dont il me cause encore aujourd’hui.

Post-it : Ne plus jamais accepter de sortir avec cette vilaine bestiole bleue.

Il y eu des coktails bleus pour l’individu de la même teinte, de la bière pour moi, des gens adorables, de la causette, Grenouille qui me jetait des regards inquiets/intrigués/protecteurs/alcoolisés/amusés (rayez la mention inutile), des serveurs avec des tatouages et le nez troué. Et du mâle, oui, c’est vrai. Dont un pas mal… Qui avait deux filles sur les genoux.

Ne me demandez pas comment, c’est donc avec ce dernier que je suis maintenant depuis presque deux mois. Et en deux mois, Grande Greluche a exprimé tout son potentiel de FEC (Fille En Couple) qui commençait à roupiller sérieusement pendant sa folle période de célibat dont, par pudeur, on ne dévoilera pas tous les aléas ici. Le jeune homme (j’hésite encore entre « Grand Grain» ou « Gribouilleur Grillé », ou plein d’autres suggestions grandioses) a traversé en cette période l’équivalent du désert du Sahara en combinaison de ski, du RER en période de grève et des neuf plaies d’Égypte (parce qu’entre nous, la plaie qui veut que des tas de grenouilles se mettent à sautiller partout, elle est plutôt rigolote. Sauf bien sûr si ce sont TOUTES des grenouilles bleues pendant que vos hormones en crise dessinent des p’tits points sur votre visage, ajouta-t-elle d’un air pincé).

En deux mois, donc, il a vu Grande Greluche en pleine période d’exams, Grande Greluche en pleine rédaction de rapport de stage, Grande Greluche en pleine soirée Nouvelle Star, Grande Greluche alcoolisée, Grande Greluche exaspérée(ante,) Grande Greluche stressé(ante), Grande Greluche fatiguée(ante).

Il a subit l’humour noir de Grande Greluche, les mauvaises blagues de Grande Greluche, les angoisses existentielles de Grande Greluche, les fous-rires inopinés de Grande Greluche, les moues en tous genres de Grande Greluches (…).

Il a traversé tout ça sans broncher. Presque en souriant.

Et il est toujours là.

Tant que Mulder résoud pas son enquête me concernant, je gère.

J’attends la prochaine pleine lune,
et je vous dis ce qu’il en est après.

Publié dans : on 14 juin 2010 at 16:34  Commentaires (2)  
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