Mon cher Oreiller,
Si je parle si peu des hommes, des mecs, des gars, des types, c’est que j’entretiens avec l’ensemble d’entre eux une relation fort étrange. De type désordonnée.
Par exemple, depuis que mon statut de célibataire me semble tatoué sur le front, j’ai écumé les sorties, les sites de rencontres, les cinémas (…). Avec beaucoup d’enthousiasme, de nombreuses anecdotes, des tas de surprises, pas forcément mauvaises. Que j’ai pudiquement tues aux rares lecteurs de ce blog, ainsi qu’à la plupart de mes amis, d’ailleurs plutôt absents (et qui ignorent pas mal de choses de ce côté de ma vie). Mais au fond, tout ça n’a jamais donné lieu à l’Ultime Rencontre, celle du jackpot.
Le problème n’est pas facile à résoudre, surtout pour une raison toute bête : quel en est l’intitulé exact ?
Pour être plus claire, au fond, qu’est-ce que je cherche vraiment chez un type pour envisager une relation ?
Au fil des rencontres et des expériences ratées, les grandes greluches établissent de drôles de listes d’exigences saugrenues. Pour illustrer cette donnée, voici un échantillon de la mienne :
« Situé entre 25 et 35 ans, sachant écrire sans fautes d’orthographe, mariant humour (noir) et cynisme, ayant suffisamment d’optimisme et de confiance en lui/en moi pour compléter mon caractères hésitant, pas névrosé, ni psychopathe, pas rasé, pas de cheveux trop longs, surtout pas de cheveux crades, pas trop gros, pas rachitique, pas dépressif, pas la moindre once de problème avec l’alcool ou l’absence d’alcool, pas de difficulté particulière à comprendre les notions « propre » et « rangé », pas no-life, pas trop fêtard, pas… » .
(ceci n’est qu’un ridicule aperçu)
Que vise ce petit jeu ? La question est rhétorique ; toi, mon Oreiller, comme les lecteurs hasardeux d’ici, tu auras compris qu’il vise à restreindre un max les possibilités de croiser un n’amoureux potentiel. Pour me protéger d’avoir à envisager une nouvelle relation. Regarde mieux : elle est confortable, ma liste. Elle fiche des « Oui, mais » sur toutes les bouilles masculines qui m’entourent. C’est comme ça que, de fait, je me fais des potes dont j’aime et je respecte les défauts autant que les qualités. Des amis que j’adore autant que l’idée de n’avoir à m’engager avec personne.
Quelque part, une partie de mon cerveau (est-ce la partie « Grande », ou la partie « Greluche » ?) se conditionne peu à peu une vie de grand-mère seule avec des chats incontinents.
C’est pour ça que, jeudi soir, quand je suis tombée sur ce type, j’ai pris une fichue claque. En trois mots, deux regards, j’ai flashé. Foudroyée, terrassée, la Greluche. Et on m’a même pas demandé mon avis. En y réfléchissant, ce genre de coup de cœur ne m’était jamais vraiment arrivé. Et que fait une Gr-Gr qui flashe ?
…
Rien.
Elle saoule le monde entier avec sa nouvelle obsession, et reste les bras ballants, les sourcils en accent circonflexe, la bouche un peu tombante. Jusqu’à ce que l’un de mes amis me prenne en pitié, et aille éclaircir la situation du côté du jeune homme. Avant que je n’explose, quoi.
Ça pourrait être le début de l’histoire, mais en fait, elle se finit comme ça. Je suis bien chou, avec mes joues écarlates, mais l’inconnu foudroyant a déjà sa greluche personnelle. Finalement, tu vois, c’est aussi simple que ça.
Pardonne les taches de mascara de ce soir, Oreiller.
Grande Greluche n’a pas l’habitude des coups de foudre.
Grande Greluche

On en est tous là…
Du côté masculin on est toujours obligés de chasser, de s’imposer comme alpha male, car rien n’a changé depuis la vie au fond des cavernes. Et pour ceux qui refusent de faire la danse des papillons, c’est la dèche.
Moui, je suis pas tellement contre la danse des papillons, d’un côté comme de l’autre. La mienne est plus que ratée, mais ça fait partie du jeu.
Ce qui me révolte, c’est la rareté exceptionnelle de mes coups de cœur, et la rapidité incroyable à laquelle ils se transforment en une légende surgit du fond des âges.
Quand je serai une grand-mère avec des chats, je dirai ça d’une voix chevrotante, et on comprendra tout de suite ce que je veux dire par là.
C’est peut-être une preuve de maturité d’avoir du mal à faire confiance. Peut-être que l’image de la petite fille prenant chaque figure paternelle pour un prince charmant n’est-elle pas si cliché que ça.
Mon seul coup de cœur s’est transformé en deux ans de dépression nerveuse, alors je suis plutôt content que ça ne m’arrive pas tous les jours ^^
Mais il est où le bouton “Submit une invitation à prendre un verre” qui devrait légitimement figurer sur cette page dramatique ? Rahhhh…. Fichu Internet !
Le jour où un tel bouton pourra être créé, rappelle-moi de penser à en créer un qui fera aussitôt le tri selon ma liste complète.
Moui, ben au final ça reviendrait strictement au même que son inexistence.
C’est tellement simple, finalement, une vie de Greluche…
Et le bouton “Submit un ‘c’est vraiment bien écrit, mais comment fait-elle ?’”, il est où ?
Parce que quitte à être condamné à ne pouvoir qu’écrire à la Mam’zelle, autant pouvoir lui faire des compliments amplement mérités !
T’inquiètes pas GrGrlch !!! Ils existent ! (puisque j’en ai un…) mais bon même s’ils ne correspondent qu’à 85% (par exemple) à notre liste… ce % est suffisant pour combler les 15% “manquants”.
Et puis, t’es loin d’être une grand mère ! T’as le temps d’en rencontrer !!
Courage ;)
Bisettes !